L'insertion paysagère de l'autoroute :
discrétion de l'ouvrage et découverte des paysages

L'insertion paysagère d'une autoroute a ceci de particulier qu'elle doit répondre à deux objectifs a priori contradictoires. D'un côté, l'ouvrage à réaliser doit être le plus discret possible afin de ne pas altérer les paysages traversés et ne pas perturber le cadre de vie des riverains. De l'autre, il doit permettre aux utilisateurs de l'autoroute de découvrir la beauté des territoires traversés en leur offrant des vues attractives sur les paysages caractéristiques et les richesses patrimoniales locales. Ce double enjeu constitue une donnée d'entrée essentielle de la phase de conception du projet, au cours de laquelle est définie l'inscription topographique de l'infrastructure qui sera la garante, à terme, de la réussite ou de l'échec de l'insertion de l'autoroute.

A titres d'exemples, sur l'A41 Nord, les passages en tranchées de Cruseilles et les passages en déblais d'Allonzier-la-Caille ou de Présilly traduisent cette volonté de discrétion maximale à proximité des habitations. En contre partie, les zones dites en « balcon » (secteur de Copponex) permettront à l'usager de profiter de points de vues tout à fait exceptionnels sur d'immenses panoramas paysagers.

Pont de la caille

Préservation et mise en valeur du patrimoine

Le territoire haut-savoyard traversé par l'autoroute recèle par ailleurs une importante richesse patrimoniale, dont les Ponts de la Caille, véritables centres d'intérêt touristique locaux, constituant l'un des plus célèbres fleurons de la région. L'insertion de l'autoroute à proximité de ce site remarquable, tant au plan architectural que paysager, illustre également de façon exemplaire cette dualité de conception. Le choix, pour le viaduc des Usses, d'un tablier à structure mixte (charpente métallique et tablier béton) très discret plutôt que celui d'un tablier à haubans, mais aussi la réalisation d'un couple d'aires de repos de dimensions réduites au lieu de l'aire unique surdimensionnée initialement prévue traduisent parfaitement cette volonté de discrétion par la minimisation de l'impact paysager et l'optimisation des surfaces occupées par l'emprise autoroutière. L'aménagement d'un belvédère sur l'aire des Ponts de la Caille répond, quant à lui, au désir des concepteurs d'offrir aux utilisateurs de l'autoroute la possibilité de découvrir le site exceptionnel que constitue la vallée des Usses et les Ponts de la Caille.

L'insertion paysagère de l'autoroute requiert également une réflexion spécifique relative aux végétaux. Le premier objectif de cette réflexion est de limiter au maximum les déboisements requis par la construction de l'autoroute, notamment sur les chantiers des viaducs qui peuvent s'avérer extrêmement destructeurs si une attention particulière n'est pas portée à ce sujet. Ainsi, sur l'A41 Nord, les pistes d'accès aux sites de construction des quatre viaducs ont été conçues de façon à être les moins destructrices possibles pour la végétation existante. Cette réduction maximale des déboisements des versants des vallées garantit la parfaite intégration de ces ouvrages exceptionnels dès leur construction et limite, par la même, les replantations dans ces zones particulièrement préservées. La nature des plantations à effectuer constitue le deuxième volet de cette réflexion végétale. L'objectif dans ce domaine est de créer un lien fort entre l'infrastructure et les écosystèmes avoisinants afin de permettre une « cicatrisation » complète du territoire préservant l'harmonie des séquences paysagères initiales. Il va de soi que le recours à des plantations d'essences locales contribue fortement à la réalisation de cet objectif.

Pont de la caille