Outre la résolution de l’un des problèmes de transport majeurs du département, l’A41 Nord offre de nouvelles perspectives de développement pour la Haute-Savoie et l’ensemble du sillon Alpin. Une thèse confirmée par une importante étude réalisée par l’Agence Economique Départementale rendue publique ces jours-ci. |
Une cinquantaine de personnes étaient conviées à Annecy , le 16 février dernier, à la journée A41 Nord. Au programme : visite de chantier, présentation de l’étude de l’Agence Economique Départementale sur l’impact de l’autoroute et inauguration de l’exposition itinérante réalisée sur ce thème. |
Désenclavement de la Haute-Savoie, amélioration de la coopération Franco-Genevoise - notamment dans les domaines de la recherche et des nouvelles technologies -, performance accrue du réseau de transport régional par l’accès facilité à l’aéroport de Genève et - via Bellegarde - à la ligne de TGV du Haut-Bugey, développement des activités liées au tourisme, implantation de nouvelles entreprises sur des sites stratégiques, tels sont, en résumé, les principaux impacts attendus de la future A41 Nord sur la vie économique du département.
Des espoirs qui viennent, bien entendu, s’ajouter aux attentes qui sont à l’origine de la réalisation de l’infrastructure, à savoir : la résolution du problème des flux transfrontaliers, l’amélioration de la sécurité routière départementale et celle des conditions de vie dans les villages traversés par la RN 201.
Une constante dans l’histoire
De tout temps, les voies de communication ont constitué des facteurs essentiels de développement. La prospérité des villes de Champagne situées sur l’axe commercial majeur du Moyen Age reliant l’Angleterre et l’Italie du Nord, le développement de la pauvre cité lacustre de Venise, point de passage obligé des échanges entre Constantinople et l’Occident, la richesse légendaire des cités balisant la route de la soie attestent, parmi d’autres, de la constance de ce phénomène tout au long de l’histoire. En achevant la réalisation d’une liaison moderne, adaptée aux impératifs actuels du transport routier, l’A41 Nord créera les conditions indispensables à un nouveau développement de la Haute-Savoie en associant plus étroitement les synergies économiques et culturelles régionales de Genève à Grenoble.
Un exemple concret : la recherche et les nouvelles technologies.
Les échanges dans ce domaine sont anciens. L’implantation, il y a maintenant plus de cinquante ans, du Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN) à Genève a eu des conséquences directes pour la Haute-Savoie. D’une part, parce que 50 % des 2 300 employés du CERN sont des transfrontaliers français ; d’autre part, parce que la proximité de ce Centre de renommée mondiale a généré l’implantation d’activités de recherche et d’entreprises de haute technologie en Haute-Savoie. Le Laboratoire de Physique des Particules (LAPP) qui regroupe à Annecy-le-Vieux quelque 200 chercheurs en est un exemple parlant. La plupart des scientifiques du LAPP collaborent, en effet, à des projets du CERN tels que la réalisation du fameux accélérateur de particules LHC de 27 km de long dont les scientifiques du monde entier attendent de grandes avancées dans la connaissance de l’infiniment petit. Toutes ces recherches nécessitent l’emploi de technologies d’avant-garde offrant des débouchés à des entreprises de pointe et favorisent leur implantation locale. Pour les dirigeants du CERN et du LAPP (cf. témoignages vidéo), les difficultés de transport (encombrement du réseau routier, carence de liaisons ferroviaires) constituent aujourd’hui un véritable frein au développement des échanges scientifiques et économiques. Leurs attentes vis-à-vis de l’A41 Nord sont donc très vives, les uns et les autres voyant dans l’ouverture d’une véritable liaison moderne l’occasion de constituer de Grenoble à Genève un pôle régional d’une grande puissance dans le domaine des nouvelles technologies et de la recherche.
Tirer le meilleur parti de l’autoroute
Ce souci est à l’origine de l’étude prospective réalisée par l’Agence Economique Départementale de Haute-Savoie. Autrement dit, comment maîtriser les changements que ne manquera pas d’entraîner la nouvelle infrastructure ? Cette étude à laquelle ont participé des élus, des chefs d’entreprises, des représentants d’organisations professionnelles et d’associations a permis, après l’établissement d’un véritable constat de l’état économique et social du département, de définir des grandes lignes d’action pour l’avenir. Faire preuve de sélectivité dans les implantations d’entreprises en privilégiant les nouvelles technologies, préserver l’espace rural en limitant les créations de zones d’activité, mettre en place de nouveaux dispositifs d’aide et contrôle, développer l’activité universitaire du département, favoriser l’essor du tourisme vert et du tourisme d’affaires, accompagner le développement des activités économiques par un important programme de construction de logements… autant de lignes d’action qui traduisent la volonté du Conseil Général d’accroître, en les rééquilibrant par la création d’emplois locaux, les échanges avec la métropole Genevoise. |